
Dans le domaine de l'immatériel, la question mérite vraiment d'être posée et l'actualité de Google (via TechCrunch) est là pour le rappeler.
Un peu plus d'un an après le lancement de son offre de VOD, la société a décidé d'y mettre un terme, les résultats commerciaux n'étant probablement pas au rendez-vous. Jusqu'ici rien de plus banal, à part que les clients de ce service se sont vus notifier qu'ils n'auront plus la jouissance des vidéos qu'ils ont légalement achetées ou louées. En (maigre) compensation, Google leur propose un bon d'achat de 5 $ valable auprès de ses partenaires commerciaux et utilisable seulement pendant 60 jours.
Une fois de plus, il s'avère que les clients de Google Video n'ont pas acheté un objet (aussi virtuel soit-il) dont ils sont supposés devenir les propriétaires, mais seulement un droit d'accès. En avaient-ils conscience ? Tant que le service est pérenne, l'illusion de la propriété est bien présente mais les DRM sont là pour y mettre un terme le moment voulu. La même mésaventure est arrivée aux clients de Cytale. Ils ont eu la certitude d'acquérir des livres numériques de la même manière que des livres imprimés, c'est-à-dire avec la possibilité d'en user (et abuser) selon leurs propres souhaits et surtout de manière définitive. L'arrêt des activités de la société française a intégralement douché ces aspirations. Il est certain que si les quelques clients du pionniers français avaient vraiment eu conscience qu'ils achetaient un simple droit d'accès dont la durée de vie dépendait de celle de l'entreprise qui leur octroyait, leur perception des avantages du produit et leur consentement à payer pour l'acquérir auraient été forts différents.
Désormais, les consommateurs sont peut-être plus au fait de ce genre de détail qui fait toute la différence, mais l'exemple de Google montre que certains peuvent encore se faire piéger. Il reste que ce flou, fréquemment entrenu par les entreprises, sur la nature de ce qui est acheté est largement préjudiciable aux intentions d'achat en matière de biens culturels numériques. Tant que les choses ne seront pas éclaircies et n'offriront pas de garanties quant à la satisfaction du client, les systèmes en dehors des circuits marchands auront encore de beaux jours devant eux.