
De retour après mes (trop) habituelles longues périodes de silence …pour réagir à un post de Techcrunch. L’occasion de revenir sur le problème des nouveaux modèles économiques pour les contenus numériques…
D’après ce post, Google ne semble pas décidé à se reposer sur ses lauriers. Toujours en mouvement, le mastodonte américain vient donc de déposer un brevet répondant au doux nom de « Personnalisation de contenu et de publicité dans des publications ». Le secteur visé par ce brevet est clairement celui de la presse. En deux mots, l’idée consiste à offrir la possibilité aux internautes de personnaliser un bouquet de contenus sous la forme d’un magazine imprimable. Jusque-là rien de révolutionnaire, cela ressemble furieusement à la logique des flux RSS, la mise en page en plus. Là où Google enfonce le clou c’est bien évidemment sur la question de la publicité. Car qui dit personnalisation des contenus, dit données informant indirectement sur le goût de chacun et donc publicités personnalisées et insérées dans le dit magazine.
En gros, Google entend tirer un maximum de valeur d’un double ciblage. D’abord, celui de contenus malléables et adaptés aux besoins du client. Celui-ci pourrait donner lieu d’ailleurs à un paiement, non pas fondamentalement pour les contenus eux-mêmes, mais pour un service de sélection. D’autre part, Google tire un peu mieux son épingle du jeu sur ce qui constitue le cœur de son business en proposant aux publicitaires une audience beaucoup mieux ciblée. Bref, avec un tel système la firme américaine a toutes les chances de gagner sur les deux plans.
L’une des voies de sortie de la crise actuelle des industries de contenus peut passer par ce modèle non plus du mass média mais d’une audience finement qualifiée et donc beaucoup mieux valorisable. Dans ce cadre, nul besoin de chercher à tout prix à se payer sur les seuls contenus, les revenus pouvant être tirés des budgets publicitaires. Dans le cas des livres numériques, reste à savoir si les lecteurs accepteraient un double pacte avec le diable : se laisser être décortiqué par les publicitaires et accepter la nuisance de leur réclame dans les moments de lecture. Tout l’enjeu sera sans doute de se montrer dans les deux cas le moins intrusif possible.