Poster par Eboy
Au moment où ce terme finit par atteindre largement la sphère du grand public (cf. le dernier hors-série de Courrier International), il est utile de mettre en perspective ce concept pour en déterminer l'originalité et les éventuelles ruptures qu'il suppose.
C'est précisément ce que nous propose un post très intéressant de Blogo Numericus dans lequel il est rappelé que la participation, l'information communautaire ou encore la logique du P2P ne sont pas l'apanage du web 2.0. Il sont au contraire profondément ancrés dans la philosophie et la technologie de l'internet dès ses débuts. L'attribut de broadcasting (one-to-many) que l'on octroie à la première génération du web est usurpé même si certains ont craint que cela ne constitue à terme son destin.
La thèse de ce post est que le web 2.0 n'est que le prolongement, l'approfondissement et l'extension de ces pratiques somme toute déjà anciennes à d'autres domaines, de nouveaux publics, avec des moyens techniques novateurs. Une rupture est cependant distinguée avec l'émergence des plateformes sociales : le passage de la publication (diffusion des oeuvres par leurs créateurs) à la publicisation ("régime d'expression et de publicisation de signe de la personne"). En clair, ce qui constitue désormais l'objet de la communication, c'est la personne elle-même par le traçage et la mise en scène de ses activités, y compris intellectuelles et émotionnelles.
Cette réflexion se conclut par l'évocation d'une éventualité qui rejoint le thème évoqué dans le post précédent : la possibilité que ce travail de publicisation de son activité finisse par se transformer en oeuvre à part entière. Nous avons là des opportunités de formes nouvelles d'expression artistique, pour lesquelles notamment la frontière entre créateur et consommateurs de contenus culturels est de moins en moins étanche. De quoi envisager aussi une logique collaborative, du moins collective du processus artistique. Bref, il reste encore beaucoup de champs (numérique) à défricher...