Actualité et analyse économique des biens culturels numériques
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Mercredi 17 Octobre

Le livre entre-t-il dans l'ère de l'illimité ?
par
diridolloualicefr
le mer 17 oct 2007 12:29 CEST

Après la musique et la vidéo, l'édition française (enfin une partie) semble s'essayer au modèle de l'accès. En effet, la FNAC s'apprête à lancer un service de "Bibliothèque numérique en ligne" (via Biblio-France) dans lequel 1000 titres seront prochainement mis à la disposition des clients. Cette offre est organisée sous la forme de 7 bouquets thématiques. Il y de grande chance pour que cela ne soit que de l'accès, les livres n'étant ainsi qu'empruntés (la métaphore de la bibliothèque n'est sûrement pas innocente) même si apparemment il sera possible de faire une impression. Gageons que cette possibilité risque elle par contre d'être limitée, même si je pense que le coût pour imprimer chez soi un ouvrage de quelques centaines de pages est en soi une barrière qui se suffit à elle-même. Faites le calcul entre le coût d'une page, la cartouche d'encre et vous verrez que le prix d'un livre imprimé est finalement assez compétitif. Justement sur la question du prix, pas vraiment d'indication sur ce sujet, même si la FNAC proposera un prix de bienvenue de 0.99€/mois ... et sûrement par bouquet.
Il faut rappeler que ce type de modèle économique avait déjà été envisagé par 00h00/Gemstar avec des "chaînes thématique" composées d'un catalogue supposé se renouveller en partie tous les mois. Mais ce modèle avait donné lieu a des réactions pour le moins réticentes de la part des éditeurs-partenaires et était resté lettre morte. La donne serait-elle en train de changer ? En tous cas, la mise en place prochaine de ce genre d'offre pour les livres démontre une attitude un peu plus exploratoire des éditeurs. Même si ce type de modèle n'est peut-être pas la panacée du point de vue des clients (voir par exemple leur accueil mitigé en ce qui concerne la musique), elle a au moins le mérite de faire bouger les choses.
Edit : après avoir consulté un lien que l'on vient de me suggérer, la lecture des commentaires m'a révélé un détail qui m'avait échappé. Il semblerait en effet que la FNAC travaille en réalité avec Cyberlibris dont l'offre Famili serait alors mobilisée en marque blanche. La similitude dans la charte graphique à mon avis ne trompe pas. Donc, si tel est le cas, on peut en déduire un peu plus de précisions quant aux tarifs et au catalogue proposé. L'examen de ce dernier laisse d'ailleurs à revoir le jugement porté plus haut sur le changement de la disposition des "grands" éditeurs français à l'égard des livres numériques. Cyberlibris a signé des accords avec pas mal de maisons d'édition anglo-saxonnes et des "petits" éditeurs français alors que leurs "grands" homologues sont largement sous-représentés (notons quand même la présence de Dalloz, Dunod ou encore La Découverte). Enfin, il reste que le catalogue proposé se concentre principalement sur le segment "vie pratique" (cuisine, déco/brico, argent, etc.) et que la littérature semble totalement absente. Bref, encore une fois, initiative intéressante, mais le sera-t-elle suffisamment pour susciter le début d'une esquisse d'engouement du public ?
Jeudi 11 Octobre

Les stars commencent à quitter le navire …
par
diridolloualicefr
le jeu 11 oct 2007 14:06 CEST
Dimanche 30 Septembre

Collaborer avec la blogosphère
par
diridolloualicefr
le dim 30 sep 2007 11:56 CEST

La montée en puissance des blogs depuis quelques années en fait un carrefour de circulation de l’information de plus en plus incontournable. La chose ne peut échapper aux éditeurs de contenus et c’est le constat qu’en a logiquement tiré The Economist.
Dans une optique de modèle d’audience, le magazine compte s’appuyer sur les blogs politiques les plus influents pour attirer le maximum de visiteurs sur son site. Pour cela, il compte leur mettre à disposition ses contenus avant qu’ils ne soient imprimés ou mis en ligne. L’objectif est de créer le buzz en ciblant les blogs susceptibles de constituer la caisse de résonance la plus efficace.
Cette collaboration entre les acteurs traditionnels et la galaxie foisonnante des blogs mérite d’être élargie car elle pourrait offrir un terrain d’expérimentation dans lequel une forme de co-création de contenus pourrait voir le jour. Du moins, une autre forme d’interaction entre les auteurs et les lecteurs, prélude à de nouveaux services autour des contenus.
Jeudi 27 Septembre

Les industriels commencent à ouvrir les yeux...
par
diridolloualicefr
le jeu 27 sep 2007 13:37 CEST

Un vent de changement souffle indéniablement en cette année 2007 et ce sont les DRM qui sont dans l’œil du cyclone. Preuve en est la dernière offre d’Amazon (en attendant très prochainement le Kindle) : une plate-forme de téléchargement de musique au simple format MP3, sans protection (quoique) et à des prix sensiblement inférieurs à ceux pratiqués par iTunes (via Techcrunch).
Dans leur forme actuelle, les DRM commencent à avoir la vie dure et les coulisses d’un tel mouvement ont pu être partiellement mises à jour lors de la conférence Digital Rights Strategies qui s’est déroulée la semaine dernière à New-York. On peut en lire ici un compte-rendu dont certains points méritent d’être soulignés. D’abord, le Pdg d’Intertrust (l’un des acteurs majeurs dans ce domaine) semble admettre l’évidence : les DRM contraignent les consommateurs dans leurs pratiques légitimes, ils sont un frein à l’innovation (notamment le développement des plates-formes de socialisation et autres solutions de co-création) et enfin ils sont instrumentalisés pour le maintien des rentes acquises au détriment de modèles économiques réellement novateurs. Dans la mesure où les DRM sont toujours rapidement et facilement contournés, ce sont les clients honnêtes qui sont pénalisés sans pour autant empêcher les pratiques qu’ils sont censés juguler. En bref, le jeu en vaut-il la chandelle ? Il est intéressant que les acteurs à l'initiative de leur développement posent indirectement la question.
Ce sont les détenteurs de contenus qui sont en fait pointés du doigt. Même si, par exemple, le vice-président de la MPAA (l’association professionnelle des studios américains de cinéma) concède que les DRM ne constituent pas un système parfait, ils restent la pierre de touche dans leur investissement sur ce type de marché. Et c’est leur abus dans l’utilisation de ce type de technologie (pour préserver leur logique traditionnelle) qui est largement critiqué ainsi que leur volonté d’imiter la stratégie d’Apple dans sa tentative d’enfermer les clients dans une relation propriétaire afin d’être le « winner takes all ».
Les acteurs proposant des solutions de DRM préconisent alors une attitude modérée à l’égard de leur mobilisation et invitent surtout les propriétaires de contenus à réinventer leur business, au risque de subir un retour de bâton. On ne peut que souscrire à cette analyse, à une objection près cependant. Le retour de bâton n’est pas à venir, il est déjà là et depuis quelques années maintenant (cf. le « succès » plus que mitigé de la musique en ligne).
La récente réaction des majors consistant à abandonner ces solutions de protection ne les exempte pas de l’essentiel : proposer des offres commerciales qui se départissent du sacro-saint modèle de l’exemplaire. Lorsqu’elles s’en éloignent (par exemple en proposant des solutions d’accès illimité ou non, par abonnement ou financement de tiers tels que les FAI), elles retombent cependant de nouveau dans la tentation des verrous. Le drame est que les consommateurs restent encore très sensibles à la notion de propriété des contenus culturels alors que les industriels eux n’aspirent qu’à un paradigme de l’accès souvent à l’exact inverse des préoccupations de leurs clients. Décidemment, la culture n’est pas un « produit » comme les autres et il est en ce sens impératif de prendre en compte le rapport intime et complexe que noue le public avec les objets culturels. Les DRM constituent indéniablement un parasite qu’il convient de moduler ou d’abandonner. Mais ils ne représentent qu’une partie du problème ou, plus précisément, la concrétisation d’une représentation traditionnelle du marché de la culture que la révolution numérique contribue largement à faire exploser. Il reste à donc inventer un nouvel espace de dialogue dans lequel pourront se rejoindre propriétaires et consommateurs de contenus culturels. C’est dans la relation de service et dans une proposition d’expérience d’accès et de consommation adaptée que se noueront de nouveaux échanges marchands. Les acteurs technologiques qui développent des DRM ont sans nul doute un rôle central à jouer. Ils ont tout intérêt à déplacer leur activité dans l'offre des outils nécessaires à ce type de configuration. Ne doutons pas que les développements sont déjà à l’œuvre et espérons que 2007 marque le déclin programmé des DRM "à l’ancienne" et l'avènement de solutions novatrices et prometteuses.
Mardi 25 Septembre

Le gratuit, un modèle payant ?
par
diridolloualicefr
le mar 25 sep 2007 19:37 CEST

C'est en tout cas le sentiment qui a conduit la vénérable institution New-York Times a abandonné une stratégie commerciale d'abonnement et d'accès payant à ses archives qui pourtant rapportait tout de même 10 millions de dollars (ZDNet France). La presse connaît bien les mérites d'une audience élargie sur les revenus publicitaires, c'est un mécanisme qui faisait déjà partie de leur logique économique dans l'imprimé, fondée sur un modèle hybride de l'exemplaire et de l'audience.
L'avantage du numérique, c'est que l'on peut basculer sans contrainte de distribution des contenus vers un modèle économique où les revenus publicitaires prennent intégralement le relais. L'arbitrage du quotidien américain montre bien que les futurs gisements de ressources financières se trouvent sans nul doute dans de nouvelles stratégies à l'égard des contenus. Car en plus de se servir du levier publicitaire, les éditeurs gagneraient aussi à s'intéresser à toutes formes de services améliorant sensiblement l'expérience d'accès à l'information. Tout l'enjeu de l'édition numérique réside là...
Edit : le Wall Street Journal, le pionnier de la presse pour le modèle payant d'accès à ses contenus en ligne, considère aussi très sérieusement d'accoster les terres de la gratuité (via CNet News)
Samedi 22 Septembre

Enfin le début d'une romance ?
par
diridolloualicefr
le sam 22 sep 2007 16:22 CEST

L'éditeur anglo-saxon Harlequin, spécialisé dans les romans "à l'eau de rose" vient d'annoncer qu'il publierait désormais toutes ses nouveautés à la fois sous format imprimé et numérique. Soit à peu près 120 titres par mois, ce qui aux vues de la largeur des catalogues numériques actuels n'est pas anodin. Il est ainsi le premier acteur majeur de l'édition traditionnelle à oser mettre la totalité de son catalogue front-list dans l'impitoyable environnement numérique. C'est une initiative d'ouverture qui ne peut être que saluée !
Les livres numériques seront de plus proposés sous plusieurs formats (Adobe, Microsoft, Sony, Palm et Mobipocket), ce qui est aussi en soit une bonne nouvelle. En revanche, la politique de prix ne semble pas être sur le point d'être révolutionnée par cette nouvelle offre. Les prix pour les versions numériques ne seront que très légèrement inférieurs à ceux pratiqués pour les versions imprimées. Ce n'est pas probablement avec cela que l'on séduira les consommateurs....
Jeudi 1 Février

La première station d'un long chemin de croix ?
par
diridolloualicefr
le jeu 01 fév 2007 08:00 CET

L'image peut paraître un peu radicale, mais ces dernières semaines laissent vraiment à penser que les industries de contenus culturels sont à la croisée des chemins...
Comme je l'avais déjà évoqué dans un post précédent, le droit d'auteur commence à faire l'objet d'une remise en cause dont on peut espérer qu'elle aboutira à un équilibre enfin consensuel. Mais ce changement n'interviendra pas à mon avis immédiatement. Avant cela, il faut que certains acteurs industriels, ceux qui ont aujourd'hui le plus de poids, décident vraiment de s'engager dans une voie d'ouverture aux multiples évolutions de rupture que le domaine connait actuellement. Cette voie, pour le moment, leur reste encore largement contre-intuitive car opposée à leurs intérêts stratégiques et commerciaux conventionnels. Je crains que sans cet effort à court-terme contre-nature, les faits ne les rattrapent irrémédiablement jusqu'à une mise en croix qu'ils auraient pu éviter.
Il ne faut évidemment pas mettre tout le monde dans le même panier. Preuve en est certaines rumeurs et déclarations qui pourraient révéler un début d'inflexion de la part de certains acteurs économiques dans leur appréhension des futurs marchés de la culture numérique. L'excellent site Ratiatum en a fait l'écho durant ces dernières semaines. Celles-ci portent principalement sur la question des DRM. Après que certains distributeurs français (Fnac et VirginMega) aient déclaré vouloir vendre de la musique sans DRM (du simple mp3), c'est-à-dire des fichiers parfaitement opérables, c'est au tour d'une major d'envisager abandonner les verrous numériques. Même si tout cela reste au conditionnel car sous le sceau de l'anonymat, une telle décision ferait autant de bruit que celle d'Universal d'admettre un financement de la musique dématérialisée par la seule publicité (voir mon post sur Spiral Frog) ou celle beaucoup moins médiatisée d'EMI. Ne crions pas cependant victoire trop tôt, car si ce mouvement de "libération" se généralise auprès des éditeurs/producteurs, il est loin d'être évident que les constructeurs de matériel de lecture s'en laissent compter. Rappelons que des acteurs tels que Apple fondent leur business model sur la logique des formats propriétaires, en particulier dans le domaine des DRM. Leur conception des affaires reste que le meilleur moyen d'en faire, des affaires, est de rendre très captive sa clientèle. Et alors quoi de mieux que de créer des chasses gardées desquelles les clients auront du mal à s'échapper sans coût ? De la même manière, l'industrie informatique n'a probablement pas dit son dernier mot tant que le marché des protections techniques promet d'être juteux. Ainsi, un consortium a récemment conseillé fallacieusement d'abandonner les DRM actuels ... pour les remplacer par des techniques de watermarking (tatouage invisible des fichiers numériques). Bref, la partie est loin d'être gagnée pour les consommateurs qui n'aspirent qu'à profiter sans trop de contraintes des oeuvres culturelles qu'ils ont légalement achetées. Il n'empêche que l'état d'esprit change, mais on sent bien que tout cela se fait de manière peu enthousiaste et que les résultats inquiétants de cette année poussent les majors à réviser sensiblement leur position. Mais cela sera-t-il suffisant pour reprendre la main ?
A mon humble avis, cela ne sera pas suffisant. Car le public s'est approprié les innovations liées aux NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication, pour les lecteurs rétifs aux acronymes) d'une manière quasiment irréversible. Par définition, la technologie est neutre, elle devient ce que chacun en fait. En l'occurence, un nombre croissant de gens utilise les opportunités de la dématérialisation de telle manière que les oeuvres culturelles deviennent désormais des biens publics. Et qui dit bien public dit nécessairement gratuité. De plus en plus de voix s'élèvent pour faire admettre ce qui devient de jour en jour une évidence. C'est le cas notamment de Jacques Attali (co-fondateur de Cytale) qui l'a rappelé lors du dernier Midem.
Cette nécessité de la gratuité ne revient cependant pas à abandonner toute idée de financement de la création. L'année dernière la solution de la licence globale avait fait débat mais avait eu au moins le mérite de proposer une solution alternative. Elle ne convenait pas aux acteurs économiques établis tant cela remettait en cause leur position et leur rôle au sein de filières industrielles bien rôdées. Mais la vague irrépressible de la gratuité va les contraindre à proposer eux-mêmes des solutions viables, faute de quoi ils ne manqueront pas de se retrouver rapidement hors-jeu. Les infléchissements que je viens d'évoquer au sujet des DRM ne suffiront pas à assurer leur transfiguration (je persiste dans le registre biblique). Ce qu'il leur faudra c'est à mon sens l'invention d'une nouvelle relation avec leur clientèle, relation qui s'établira au centre de la notion de service. Service dans lequel les contenus bruts ne seront qu'un élément annexe dans une relation marchande riche et renouvellée. En l'absence d'une rapide construction de tels modèles réellement novateurs, tout laisse à penser que les industries culturelles, frappées de plein fouet par la révolution numérique, n'en sont qu'au début d'un long chemin de croix. Chemin au bout duquel la résurrection est loin d'être assurée.
Lundi 29 Janvier

Les premiers Echos francophones de l'encre électronique
par
diridolloualicefr
le lun 29 jan 2007 18:07 CET

Photo de Jean-Michel Billaud - http://billaut.typepad.com/jm/
C'est désormais officiel, le quotidien de presse économique Les Echos lancera son offre numérique dans quelques semaines, probablement en avril (via Clubic).
Pour cela, il a établi un partenariat pour la partie "tablette de lecture" avec le constructeur chinois Prime View International qui lui fournira en marque blanche un livre électronique disposant de la technologie encre électronique. Il est à noter que ce dernier sera assemblé par la toute jeune entreprise française Ganaxa. Peu d'informations ont filtrées sur les caractéristiques de la machine. Elle serait dotée d'une double batterie (l'une destinée à la lecture, l'autre à la connexion) lui permettant une autonomie de 8500 pages. Ce sera aussi une machine ultra-communicante dans la mesure où elle intègre pas moins que le wi-fi, le bluetooth et le GPRS.
Car l'ambition des Echos est de fournir à ses futurs clients un service de remise à jour en temps réel. Ambition qui ne peut se concevoir qu'avec les technologies adéquates. C'est une des raisons pour lesquelles le modèle de livre à encre électronique de Sony, apparemment longtemps pressenti, a été écarté. En revanche, il sera probablement possible d'utiliser d'autres livres électroniques compatibles avec ce type d'exigence (par exemple l'iLiad d'Irex).
Du point de vue des contenus, Les Echos semblent se diriger vers une offre résolument multimédia. Ils prévoient ainsi de mêler contenus de l'édition papier et de leur site internet, mais aussi les cours de bourse en direct, des podcasts ainsi qu'un lexique (présent sur une carte mémoire). Nous avons donc à faire à un projet qui table sur un accès dynamique à l'information, ce qui mérite d'être souligné. Cette offre va en effet au-delà de la simple mise à disposition de contenus mais semble pencher vers une logique de service. Si celle-ci apporte de la valeur ajoutée aux consommateurs, ne doutons pas qu'il y aura des clients.
Justement en parlant de valeur, quid du modèle économique envisagé ? L'entreprise de presse a opté pour un modèle de l'abonnement, tout en concédant que des revenus publicitaires viendront en appoint. Du point de vue des coûts pour les lecteurs, les choses semblent encore assez floues. Pour la première année, les abonnés devront s'acquitter d'un montant de 500 € comprenant l'accès aux contenus numériques ainsi que l'achat du livre électronique. Cependant, rien n'est précisé quant à la seconde année qui ne concernera plus que la seule consommation éditoriale. Espérons que leurs prétentions resteront raisonnables, au risque une nouvelle fois de passer à côté de leurs clients ... Car s'il y a un secteur de l'édition pour lequel le numérique constitue une réelle et immédiate opportunité, c'est bien celui de la presse qui est désormais en concurrence frontale avec l'internet.
Samedi 27 Janvier

Google entrerait-il dans la danse ?
par
diridolloualicefr
le sam 27 jan 2007 15:11 CET

Décidemment l'édition numérique suscite encore de nombreuses vocations parmi les acteurs industriels. A l'instar d'Amazon, Google s'apprêterait à lancer une librairie numérique (via Mobile Read). Celle-ci serait l'extension de son service tant décrié "Google Book Search". En effet, il s'agirait de prolonger la consultation on-line d'une portion d'un ouvrage, au centre de ce service gratuit, par l'achat d'un accès à l'intégralité du contenu.
Google envisage ainsi de développer une offre commerciale selon la logique de l'accès pur. Les futurs clients de cette librairie numérique n'achèteront donc pas un droit de propriété (comme lorsqu'ils achètent un livre papier dans une librairie physique) mais seulement un droit d'accès. Comme je l'ai déjà évoqué, la différence est loin d'être anodine. La FAQ proposée par Google à ses partenaires éditeurs stipule effectivement bien que la consultation des contenus ne se fera qu'on-line. Ainsi, il ne sera pas possible de sauvegarder tout ou partie d'un titre (aux fins de faire une copie privée ou encore de pouvoir le lire loin d'un accès internet). La clientèle visée par le géant de l'internet serait principalement les possesseurs de terminaux mobiles (type PDA ou Blackberry) et les négociations qui ont débutées avec les éditeurs ne concernent que le territoire américain et britannique.
Il reste à découvrir selon quelles modalités tarifaires ce modèle de l'accès sera proposé. Car, à nouveau, pour que le succès d'une entreprise soit possible, Google devra s'attacher à proposer une réelle valeur pour ses potentiels clients (malgré les restrictions et les transformations que comporte la logique de l'accès) tout en tenant compte des intérêts financiers et stratégiques des éditeurs. Toujours le même dilemme, consistant à ménager la chêvre et le chou, qu'aucun acteur du tout jeune secteur de l'édition numérique n'a encore réussi à surmonter pour créer enfin les conditions nécessaires à l'émergence d'un véritable marché des livres numériques. Google étant loin d'être un acteur négligeable, c'est une affaire qu'il faudra naturellement suivre de près ...
Jeudi 7 Décembre

Sus à la "Tour d'eBabel" !
par
diridolloualicefr
le jeu 07 déc 2006 20:26 CET

La multiplicité des formats (une vingtaine dénombrés à ce jour) est souvent présentée comme un frein à une adoption massive des livres numériques. C'est effectivement un obstacle majeur, bien qu'il ne soit pas le seul. Les remarques qui suivent sont autant valables pour ce qui est du foisonnement de formats de protection technique (DRM). Les livres numériques que vous achetez sont des objets définitivement prisonniers d'une Tour de Babel numérique (l'expression n'est pas de moi ...mais de David Rothman du blog Teleread) et à tout instant menacés d'obsolescence.
D'une part, les consommateurs n'ont aucune garantie que le livre électronique, chèrement acquis, leur permettra de s'approvisionner auprès de n'importe quelle librairie numérique. A l'exception du Bookeen (spin-off du Cybook de Cytale), tous les modèles actuellement commercialisés font usage de formats strictement propriétaires. Les fabricants suivent en cela la stratégie industrielle chère notamment à Apple, l'objectif étant de "locker" le client et s'assurer une relation commerciale suffisamment longue. Car pas question de changer de fournisseur sans que cela ait un coût. En l'occurrence, le coût est ici proportionnel au nombre des ouvrages numériques, acquis dans un format donné, qui s'avèrent illisibles lorsque vous changez de marque de livre électronique. D'autre part, en plus de cet inconvénient majeur, aucune garantie n'est offerte aux consommateurs quant à la pérennité de l'accès à leur collection de livres numériques. Les clients de Cytale ou encore de Gemstar n'avaient probablement pas prévu que l'arrêt de l'activité de ces sociétés entraînerait une version moderne de l'incendie de la Bibliothèque d'Alexandrie. En bref, avec des formats propriétaires, les consommateurs hardis font un pari très risqué sur le long terme, celui de la constitution d'une bibliothèque éphémère car frappée d'obsolescence.
Tout le monde ne peut que convenir que la réponse à ce double problème reste l'adoption d'un standard universel ou du moins d'un format pérenne. Pour cela, le développement d'une solution ouverte (open source) reste une voie à privilégier. C'est celle qu'a choisi Osoft en proposant le logiciel de lecture dotReader. Celui-ci est centré autour du format XML qui est non-propriétaire et désormais largement utilisé pour le web et les documents numériques. Le dotReader est en particulier compatible avec le format ouvert OpenReader (basé sur le XML) développé par un consortium à visée non lucrative. Ce logiciel autorise l'intégration d'un système de protection des contenus annoncé comme souple et ouvert pour les éditeurs et les lecteurs. Par exemple, les droits d'accès sont octroyés à un utilisateur et non à une machine. Cela signifie que si vous changez de livre électronique, pas de risque d'être obligé de racheter le droit d'accès à un ouvrage. Du point de vue des éditeurs, la gestion des DRM leur revient de plein droit et Osoft ne demandera qu'un faible pourcentage de la vente au titre de rémunération.
L'initiative est louable et la lecture de livres numériques avec ce logiciel semble être une expérience agréable. Osoft ne le propose pour le moment qu'en version bêta. Espérons donc que l'expérience se prolongera et que la société parviendra à convaincre suffisamment d'éditeurs pour qu'enfin un standard ouvert finisse par s'imposer dans l'édition numérique. Car une telle expérience avait déjà été tentée par l'Open eBook Forum avant d'être phagocytée par certains acteurs industriels majeurs aux intérêts incompatibles avec cette nécessité de l'ouverture...
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